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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 16:35

decompte.gifDepuis notre rencontre au Cours Florent, Paméla Ravassard et moi avons travaillé ensemble à cinq reprises. Nous avons certes parfois des différends artistiques, mais ils nous stimulent bien plus qu'ils ne nous freinent. A l'automne dernier, nous avons donc commencé à réfléchir à l'opportunité de fonder notre propre structure.


Première question : quel projet ?
Paméla connaît très bien les écritures contemporaines. Quant à moi, j'ai davantage monté des textes plus anciens, mais en m'efforçant toujours de les penser ici et maintenant. C'est sur ce point que nous nous retrouvons : notre théâtre est ici et maintenant. Nous portons une attention particulière au répertoire d'aujourd'hui, mais nous ne nous interdisons pas d'aller puiser dans les oeuvres d'hier quand nous sentons qu'elles peuvent résonner de toute leur force ici et maintenant. C'est dans l'expression de la mise en scène, du jeu et de la représentation comme arts contemporains que nous plaçons notre recherche, notre singularité et notre ambition.
Seconde question : où ça ? pour quoi faire ? et avec qui ?
Depuis 2002 je dirige à Paris la Compagnie de quat'sous. J'ai donc pu mesurer à quel point la surpopulation des troupes y est problématique. En 2006, lors de la production de La Guerre, la comédie de Goldoni que j'ai montée au Théâtre Mouffetard, j'ai souffert d'un manque de contact avec le public. A Paris, il est très difficile d'organiser des actions avec les gens pour lesquels on joue. Une compagnie ne peut pas développer un travail de fond sur un territoire, ni en amont ni en aval des représentations. Ce rapport avec le public me semble pourtant vital à deux titres : nourrir la conscience créative des artistes et former le public. Nous pensons que les formes artistiques les plus innovantes doivent aller à la rencontre du plus grand nombre. Notre idéal est celui d'un théâtre élitiste pour tous, c'est-à-dire réellement populaire et non pas populiste. Nous voulons nous implanter dans un territoire où confronter notre créativité à une population, où voir si nous savons faire vibrer avec du théâtre contemporain ceux qui n'y ont jamais ou presque jamais accès. Il n'est pas pour autant question de cantonner notre action à un théâtre missionnaire. Nous voulons diffuser nos créations le plus largement possible en France et au-delà. Mais nous pensons qu'un ancrage dans un territoire ne peut qu'être bénéfique pour un plus grand dessein. Le projet dramatique que nous ébauchions pour notre compagnie nous conduisait donc vers une implantation en région. Or Paméla et moi avons tous deux des attaches en Franche-Comté, Paméla dans le Jura et moi dans le Doubs. Nous avons donc envoyé des courriers aux responsables des collectivités et des principaux lieux de création francs-comtois pour leur demander rendez-vous. Il nous semblait primordial de bien appréhender le maillage théâtral existant, et éventuellement les besoins, avant d'aller plus loin.
Au prochain épisode, nous vous raconterons nos premières rencontres avec nos futurs interlocuteurs francs-comtois. A suivre, donc.

Henri Dalem

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